Papa
Rencontre avec Nouveau Regard
Aujourd'hui, j'ai parlé avec Sarah Miousse de Nouveau Regard.
Je réalise que quand Papa se sent le mieux c'est à ce moment qu'il va moins bien. J'ai de la peine pour lui, ça fait partie de sa maladie et c'est quelque chose que j'ai de la difficulté à accepter.
Je pourrais lui proposer de voir une travailleuse sociale au CLSC de Chandler, qu'il commence à faire des activités et rencontrer du monde, mais je doute qu'il accepte.
Épisode hypomaniaque
Sarah m'a fait parvenir une document avec les symptômes de la manie et hypomanie. Si on a 3 des 7 symptômes suivant, et que cela dure depuis au moins 4 jours, on est dans un épisode de (hypo)manie :
- Je me sens plus confiant que d'habitude. J'ai des idées de grandeur.
- J'ai moins besoin de dormir sans être plus fatigué
- Je suis plus sociable que d'habitude. J'ai tout le temps besoin de parler.
- Mes pensées s'accélère et défilent dans ma tête
- Je suis plus distrait par ce qui se passe autour de moi
- Je fais plus de choses que d'habitude. Je m'agite.
- Je m'engage dans des activités à risque (ex. dépenses, sexe)
Ça me semble très clair que Papa est dans un épisode d'hypomanie en ce moment. Il se dit seulement fébrile, mais c'est pire que ça, selon ma perception.
Prévention des rechutes
Lorsqu'il ira mieux et qu'il sera ouvert à l'idée, on pourra faire un plan de prévention de rechutes ensemble. On détermine des étapes à suivre, lorsque j'ai l'impression qu'il retombe dans un épisode (hypo)maniaque, comme appeler son psy par exemple et lui parler de ce que j'observe.
Question pour le psychiatre
Est-ce que les épisodes (hypo)maniaques ont une répercussion négative sur la santé physique ? Manque de sommeil, hormonone de stress, ça doit pas être bon pour le coeur.
Faire un journal et définir mes limites
Je vais commencer à tenir un journal sur mes pensées et interactions avec Papa, ainsi qu'un résumé des mes rencontres avec Sarah. Lorsqu'il fait quelque chose qui me fâche, ou qui me trotte dans la tête pendant des heures, voir des jours, par la suite, c'est un signe clair qu'il a franchi une limite. Je vais en reparler avec Sarah pour voir la meilleure façon de communiquer mes limites à Pierre par la suite.
Fébrilité
Papa m'a téléphoné, il m'a raconté une fois de plus son histoire, depuis 2006, première manie, puis 3 périodes de dépression intense. Assommé par sa psy à Repentigny, rendu en Gaspésie, il est mieux traité et son nouveau psy, Dr Nguyen le sort de la déprime.
Selon son psy et lui-même, Papa n'est pas en manie. Il est fébrile. C'est comme un feu de camp qu'il entretient, parfois ça brûle doucement comme de la braise, et parfois c'est un feu de la St-Jean. Il prend du Seroquel au besoin. Son psy a aussi doublé la dose d'un de ses médicaments, donc j'ai bien fait de lui suggérer de l'appeler. Ça n'aura pas servi à rien.
Il aimerait que j'évite d'utiliser le terme hypomanie. Il a fait deux hypomanies depuis son arrivée en Gaspésie, les deux fois provoquées par une consommation de drogue, du pot.
Comment différencier la fébrilité de l'hypomanie
Vu de l'extérieur, c'est pas mal pareil. Mais de l'intérieur, l'hypomanie provoque une pression au niveau de la mâchoire et un pincement au niveau du coeur.
Cycle normal et inévitable
À chaque année, il passe 8 mois à dormir, et 4 mois fébrile. Il faut l'accepter, j'en ai bien peur. À moi de mettre mes limites et de bien les communiquer.
Comment communiquer mon inquiétude face à son état
Si je trouve que son état se détériore, je peux lui dire que je le trouve trop fébrile et lui suggérer de prendre du Seroquel pour se calmer. Mais en aucun cas lui dire que je pense qu'il est en hypomanie, ça ne passe juste pas.
Je peux aussi contacter son psy en tout temps, sans devoir lui demander. Mais pas la police ou l'ambulance, il ne me pardonnerait pas.
Voilà en gros le résumé de la conversation que j'ai eu avec lui, qui ne devait pas durer plus de 2 minutes, mais qui en a duré 28. Un classique.
Évolution
Papa n'aime pas le terme évolution. Je suis allé le voir à l'improviste, parce que je devais attendre 1h avant que le site de compostage ouvre. J'ai voulu lui résumer ma compréhension de ce qu'il m'avait dit au téléphone, et je lui ai dit que j'allait attendre de voir comme nos interactions et notre relation allait évoluer. Il s'est braqué et m'a dit que ce n'était pas le bon mot, que ça n'allait pas évoluer. Il me reprend souvent sur les mots que j'utilise en disant que ce ne sont pas les bons, et c'est vraiment fatigant.
Pas content
_ Oui allô ?
_ Allo ! Ça va ?
_ On est pas vendredi. J'suis pas content. Tu m'avais dit que tu allais m'appeler vendredi, j'ai pris des médicaments, ça fait 2 jours que je suis magané à cause de ça.
_ Ben là, c'est pas de me faute. Je savais pas que je devais t'appeler absolument vendredi, j'ai dit que j'étais disponible à partir de vendredi.
_ Non, tu m'as dit qu'on allait faire un Facetime vendredi
_ Bon, ça me donne pas vraiment envie de t'appeler
_ Ben c'est ça, j'ai pas besoin que tu m'appelles
_ En passant, si c'était si important que ça qu'on se parle vendredi, tu aurais pu m'appeler. Je pense qu'on va remettre ça, bye.
_ Ok bye.
La relation est en train de s'effriter, la communication est impossible. Je me sens vite attaqué et je réplique. Je pense que c'est le temps de prendre un break.
Je stresse avec la fête à William qui s'en vient. Est-ce que je devrais l'inviter ? Sûrement pas.
Ponts coupés
Il déconnecte son téléphone et ne répond plus à mes courriels. Je me suis inquiété un peu, puis je suis allé voir son forum et il a écrit ceci cette nuit, à 3 heures du matin :
> La famille dont je suis originaire est pourrie et très pauvre en support moral.
>
> Autant pour la famille que j'ai eue.
>
> Ayant des attentes que je jugeais normales envers les personnes qui en font partie et depuis 20 ans à espérer mieux j'ai décidé de cesser de m'illusionner et j'ai mis fin à ces fausses relations.
>
> Ma position est radicale et saine, sans attente et sans retour, définitive et depuis deux mois que cette rupture a lieu je suis plus serein même si je suis plus seul.
>
> Entretenir des illusions c'est pire que d'endurer les réalités lorsqu'elles sont toxiques. Ce qui était le cas.
>
> Les autres n'ont pas besoin de savoir comment je pense. Ce qui est simple pour moi est compliqué pour l'autre et mon énergie m'est comptée. Ne plus la dépenser en discussions stériles.
Il veut rester tout seul, et bien qu'il reste tout seul.